L’histoire de SEGA Corporation
Repères chronologiques :
1940 à Hawaï : dès le début de la Seconde Guerre Mondiale, 3 entrepreneurs américains, Martin Bromley, Irving Bromberg et James Humpert, flairent le bon filon en équipant les bases américaines de machines à sous et de flippers
1951 : durant la guerre de Corée, avec l’arrivée du « Johnson Act » qui interdit l’utilisation, le transport, la possession et les modifications de machines sans la validation de l’état, et ce dans tous les territoires américains (dont Hawaï), les 3 entrepreneurs décident de délocaliser leurs opérations au Japon où l’armée américaine restent très présente après la guerre.
La même année, Richard D. Stewart et Raymond J. Lemaire (entrepreneurs américains) fondent la société Lemaire & Stewart dont l’activité principale est l’importation et la maintenance de juke-boxes
1952 : Martin Bromley crée la société Service Games. L’entreprise continue de fournir les bases américaines en divers jeux mécaniques et machines à sous et devient vite un acteur incontournable dans le domaine du divertissement militaire.
1954 : les sociétés Lemaire & Stewart et Service Games fusionnent et deviennent Service Games Japan.
Création de l’usine Nihon Goraku Bussan basée à Tokyo.
La société reste spécialisée dans l’importation de machines de divertissement, tels les juke-boxes, les bornes arcades mécaniques et les flippers, mais cette fois à destination des civils japonais.
Le nom de SEGA (contraction de Service Games) apparaît pour la première fois en interne de la société.
Toujours en 1954, Rosen Enterprises, société fondée au Japon par David Rosen (ancien militaire américain stationné au Japon) dont l’activité première est l’importation de photomatons sur le sol japonais, ainsi que le recyclage de machines de jeu occidentales en fin de vie (produites notamment par la société Seeburg) devient rapidement un acteur incontournable du divertissement et se taille une place comme leader dans ce domaine au Japon.
Ainsi durant cette période, 3 grandes sociétés vont dominer le secteur du divertissement : Service Games, Rosen Enterprises et Taïto (le géant japonais).
1960 (31 mai) : suite à ses déboires avec le gouvernement américain et à la méfiance de l’état japonais à son égard (les deux états ne voient pas d’un bon œil l’expansion d’une entreprise aussi bâtarde), Service Games, sérieusement menacée, décident de scinder l’entreprise 2 entités différentes au Japon. La première, Nihon Kikai Seizou s’occupera de la production des machines et la deuxième, Nihon Goraku Bussan, s’occupera, elle, de leur distribution.
1964 : pour contrer son principal concurrent Taito, Rosen Enterprises fusionne avec Service Games Japan pour devenir SEGA Enterprises. David Rosen, lui, est nommé directeur de la cette nouvelle société.
1966 : SEGA Enterprises commercialise son premier jeu d’arcade, Periscope, une borne électromécanique. Dans ce jeu, le joueur se retrouve aux commandes d’un sous-marin dont l’objectif est de couler des bateaux ennemis. Le succès est au rendez-vous.
1969 : SEGA Enterprises est rachetée par Gulf & Western Industries (qui détient, entre autres, la Paramount) et passe en bourse. Toutefois, David Rosen restera le DG de la société jusqu’en 1983.
1978 (29 septembre) : L’acquisition de Gremlin Industries, une entreprise américaine spécialisée dans la fabrication de bornes d’arcade, et d’Esco Boueki, une société de distribution de bornes d’arcade dont un certain Hayao Nakayama est le PDG, permet à Sega de consolider sa présence sur le marché nord-américain (Sega bénéficie désormais des capacités de fabrication de Gremlin Industries et du réseau de distribution d’Esco Boueki pour ses jeux d’arcade vidéo).
1983 : Krach du jeu vidéo en Amérique (l’arcade est très sérieusement menacée par l’arrivée des consoles de salon (Mattel, Atari…), et puis les jeux vidéo, d’une manière générale, aussi bien en arcade que sur machines de salon, ne se renouvellent pas assez, se ressemblent tous et son parfois sont de très mauvaise qualité -> voir l’affaire du jeu « E.T. » (Atari) enterré dans le désert).
Gulf & Western Industries croit de moins en moins au jeu vidéo et commencent à fermer les salles d’arcade.
David Rosen et Hayao Nakayama vont alors en profiter pour racheter Sega (management buy-out). Aussi, étant donné que le Japon n’a pas connu le krach boursier du jeu vidéo (le Japon a même connu un phénomène inverse, celui du « miracle de l’économie japonaise »), Sega, la même année, se lance sur le marché des consoles de salon en tant que concepteur (conception dirigée par Hideki Sato, décédé le 13 janvier 2026) et produit sa première console, la SG-1000 (au Japon, la SG-1000 est mise en vente le même jour que la Famicom de Nintendo).
C’est un succès pour Sega (succès dû en partie au simple fait que la Famicom avait un défaut de fabrication sur une de ses puces). Fort de ce succès, Nakayama sera propulsé au rang de PDG de Sega.
1984 : Nintendo revient à la charge en sortant des jeux très impressionnants et de très grande qualité sur sa Famicom.
En 1984, Nintendo aura sorti une vingtaine de jeux dont certains deviendront culte. Son avancée technologique (scrolling, graphisme plus détaillé, l’invention du D-pad…) lui permet de ridiculiser les productions Sega.
Sega tente d’inverser la vapeur en sortant la SG-1000 II, une version améliorée de SG-1000 II mais avec 2 ports manettes. Mais Sega ne peut rien y faire. Nintendo écrase tout sur son passage.
1985 : Comprenant enfin que seule une console puissante pourra faire face à Nintendo, Sega sort alors sa Sega Mark III, une console qui offre des performances techniques supérieures à celles de la Famicom de Nintendo.
Mais ce sera un bide total.
La Mario Mania, Zelda, Metroid, Punch-Out, Dragon Quest (des jeux exclusifs) constituent un véritable raz-de-marée. Nintendo est présent partout et agit sur tous les fronts.
1986 : les actions de Sega deviennent publiques au Japon. La compagnie s’attaque alors au marché occidental et fonde Sega of America (en débauchant Bruce Lowry, un haut cadre de Nintendo America) dans le but de conquérir le marché américain.
La même année, elle lance la Master System, une version redessinée et internationalisée de la Sega Mark-III. Cette console est la première de Sega à être commercialisée à l’échelle internationale, avant même d’arriver au Japon (où elle ne sera commercialisée qu’en 1987).
Néanmoins, si l’on peut dire que le succès est au rendez-vous pour la Master System en Europe et en Amérique du Sud, le marché nord-américain, lui, reste dominé par la 8 bits de Nintendo (commercialisée en Amérique du Nord sous le nom de Nintendo Entertainment System (NES)), mieux vendue et mieux distribuée.
Sega se penche alors sur un nouveau projet de console afin de prendre de court son concurrent.
1988 (29 octobre) : Sega lance la Mega Drive au Japon, sa nouvelle console 16 bits (la Super Famicom de Nintendo ne sortira que le 21 novembre 1990). Le succès de cette console permettra à SEGA d’être au coude à coude avec Nintendo (les deux firmes sont les deux fabricants majeurs de consoles de jeu de salon dans le monde entier).
1990 : Sega sort la Game Gear, une version portable de la Master System (avec un écran LCD couleur) destinée à contrer le succès de la Game Boy de Nintendo (sortie le 21 avril 1989).
Mais ce sera un échec total (échec imputé au grand gabarit de la console portable et à son une autonomie ridicule).
1991 : Sega sort la Mega-CD, un extension CD-Rom de la Mega Drive. Echec.
1993 : Sega, en coopération avec Japan Airlines, sort la Sega Mega Jet une console prévue pour les vols internationaux de Japan Airlines. Il s’agit en fait d’une Mega Drive dont le form factor fait penser à une très grande manette sur laquelle on peut insérer une cartouche Mega Drive. Une liste de quatre jeux est mise à disposition par vol, incluant Super Monaco GP II et Sonic 1. Le voyageur peut jouer aussi avec ses propres cartouches. Il est possible de connecter une deuxième manette sur l’appareil pour jouer à deux.
1994 : le 21 novembre 1994, Sega sort la 32X (développée par la Sega of America), une autre extension censée être capable de transformer une Mega Drive en console 32 bits.
Le lendemain, le 22 novembre, Sega sort également la Saturn (console nouvelle génération développée par Sega of Japan). Sega n’arrivait pas à trancher sur la date de sortie de la Saturn et voulait sans doute laisser à la 32X le temps de briller sur la scène JV. Mais l’annonce de la Playstation de Sony (qui verra le jour le 3 décembre 1994) va acculer Sega à cette sortie prématurée.
1995 : une nouvelle division de développement sur ordinateur est créée sous le nom de SegaSoft. La Saturn est un échec et Sega est affaibli.
1997 : Sega tente une fusion avec Bandai mais n’y parvient pas. Le président de Bandai démissionne.
1999 : Sega sort la Dreamcast, une console 128 bits pensée et développée pour contrer l’arrivée de la Playstation 2. Cependant, en dépit de la qualité impressionnante de sa ludothèque, la Dreamcast finit par s’incliner devant la bête de course de Sony.
2000 (1er novembre) : Sega Enterprises, Ltd. devient Sega Corporation.
2001 : Sega arrête la production de la Dreamcast et annonce que la société ne se consacrera désormais plus qu’à la création de jeux vidéo.
2004 : Sega est rachetée par Sammy Holding Co., Inc. La Holdings change de nom pour Sega Sammy Holdings Inc.
2005 : Sega acquiert Creative Assembly, studio à l’origine de la franchise Total War.
2006 : Sega sort le Lindbergh un système pour l’arcade basé sur l’architecture PC. Il y aura en tout 4 versions du système : la version Yellow, Blue, Red et Red EX).
2012 : Sega ferme ses divisions en France, en Espagne, en Allemagne, au Benelux et en Australie.
2013 : à la suite de la faillite de THQ, Sega rachète le studio Relic Entertainment. Sega rachète également Index Corporation, la maison-mère de l’éditeur Atlus, pour 106 millions d’euros. De cette façon, elle enrichit son catalogue de jeux de plusieurs licences populaires, comme Persona, Shin Megami Tensei ou encore Inazuma Eleven GO
2016 : Sega acquiert Amplitude Studios, un studio français basé à Paris créé par Romain de Waubert et Mathieu Girard, deux anciens d’Ubisoft (le studio retrouvera son indépendance en 2024). Studio est à l’origine des jeux tels que Endless Space, Endless Legend, Dungeon of the Endless, Endless Dungeon, Human Kind
2019 : Sega sort la Mega Drive Mini
2023 : Sega acquiert Rovio, le studio de développement de Angry Birds.
Retrouvez le vidéo que NagaSama a consacré à l’histoire de SEGA :