NagaSama

NagaSama

NagaSama : je suis né au Cambodge en 1979 (13 octobre), à la chute du régime de Pol Pot, et j’ai passé mon enfance à Phnom Penh (la capitale).

Avant la prise de pouvoir par les Khmers rouges en 1975, mon père a été tour à tour professeur de Philosophie, rédacteur en chef de l’Agence Khmère de Presse, fondateur et rédacteur en chef du quotidien Le courrier phnompenhois, chef au Bureau des Affaires Politiques au ministère de l’Education nationale, directeur de la publication du quotidien d’Etat en langue française Le Républicain.

Le père de NagaSama

A la libération, après avoir passé quatre années sous le régime sanguinaire de Pol Pot, mon père est élu député de Battambang et préside la Commission législative, avant de fonder l’Institut de Sociologie de Phnom Penh.

Grâce à mon père, j’ai pu découvrir très tôt le cinéma et la littérature. Mais c’est surtout la bande dessinée franco-belge qui me fascinera le plus. Grand admirateur de Georges Rémi (Hergé), d’Albert Uderzo et de Maurice de Bevere (Morris), je passe une grande partie de ma jeunesse à imiter ces artistes hors du commun.

En 1989, ma famille obtient l’asile politique et s’installe définitivement en France.

Quelques années plus tard, avec l’explosion des Comics et l’arrivée des mangas (merci ! le Club Dorothée), mes influences commencent peu à peu à changer, et des artistes tels que Jim Lee, Tetsua Hara, Ryoichi Ikegami, Masamune Shirow, Masakazu Katsura, ou encore Tsukasa Hojo ne manqueront pas de faire évoluer mon style graphique.

Voici quelques uns de mes dessins datant des années « lycée » :

Une fois mon bac L (Littéraire) en poche, contre toute attente (et bien que je sois tout aussi épris de cinéma, de musique, d’informatique et de jeu vidéo), j’ai fini par renoncer à l’école de dessin Estienne pour m’orienter vers des études littéraires (Lettres modernes à Paris VIII).

Néanmoins, et quoique les cours en faculté continuent de me procurer un immense plaisir, je me surprends à rêver secrètement d’une carrière de dessinateur. Bien des fois, tandis que je suis bien au chaud chez moi, à compulser un classique du XIXème siècle ou à rédiger quelque mauvais mémoire, une partie de moi s’imagine en train mener une vie de bohème, dormant ici et là chez des amis artistes, troquant une illustration ou un tableau contre un bon repas chaud, fréquentant des femmes jusqu’à ne plus savoir où donner de la tête, et tentant vaille que vaille de survivre dans un monde hostile qui n’entend goutte ni à la littérature, ni à l’art d’une manière générale.

Voici quelques planches d’un projet de BD que j’ai entamé, en parallèle de mes études, avec le scénariste Michel MARENGO, qui reflètent assez bien l’état d’esprit dans lequel je me trouvais à l’époque :

Mais la dureté de la réalité me ramène bien vite à mes propres insuffisances. La vie d’artiste n’est peut-être pas faite pour moi, au bout du compte.

Car il fallait se rendre à l’évidence : j’étais un dessinateur lent, feignant et immature (peu enclin à travailler sous la direction de quelqu’un). Comment, avec de telles dispositions, espérer aller au bout du projet ? Au final, j’ai jeté le manche après la cognée et la BD ne verra jamais le jour.

Quelque peu ébranlé par cette expérience, qui par ailleurs était loin d’être probante, je me suis alors résolu à travailler seul, et, cette fois, sur des thèmes et des sujets qui me tiendraient réellement à cœur. Tout en délaissant à moitié mes études littéraires, j’ai ainsi commencé à plancher sur un projet d’adaptation du Reamker (la version khmérisée du Ramayana indien, une épopée comparable à l’Illiade d’Homère), dont voici quelques extraits :

Toutefois, après plusieurs mois de travail acharné, je me rends définitivement compte que je ne pourrai jamais être un dessinateur professionnel : je suis toujours beaucoup trop lent. Avec un tel rythme, il est impossible d’envisager le bouclage d’une BD en temps et en heure. C’est une nouvelle défaite.

A la fois déçu, bouleversé et résigné, je me réfugie dans culture littéraire classique et me passionne pour des auteurs comme Flaubert, Stendhal, Kafka, Dostoïevski, Nietzsche, Proust et Kundera.

La littérature a toujours fait partie intégrante de ma vie mais ce n’est qu’à ce moment précis de mon existence que j’ai pu réaliser que mon désir le plus cher était, peut-être, en vérité, celui de devenir romancier. Sans tergiverser, je m’attelle immédiatement à la tâche et me lance le défi d’être publié avant mes 30 ans.

Mon premier roman (signé de mon nom de naissance) verra le jour en 2009, soit quelques mois à peine avant que l’on ne me somme de souffler mes trente bougies. L’honneur est sauf !

En 2012, je décide de m’établir en province, dans un petit village axonais. Depuis lors, je me consacre corps et âme à l’écriture, tout en exerçant le métier d’agent SSIAP (Service de Sécurité Incendie et d’Assistance à Personne) qui me permet d’avoir un revenu sûr et régulier.

Je sors mon deuxième roman en 2015 (toujours sous mon nom de naissance). Ce deuxième roman représente sans nul doute mon travail le plus personnel, pour ne pas dire le plus intime. Car en plus de mettre en lumière la décennie qui a suivi la libération du Cambodge par l’armée vietnamienne – période dont peu d’écrivains ont eu l’audace d’aborder– , j’y relate aussi, et ce avec une tendresse éveillée et malicieuse, mes souvenirs d’enfance les plus marquants.

En 2022, après plus de six années de « plaisant labeur » (comme je me plais tant à le dire), j’achève coup sur coup la rédaction de quatre nouveaux romans (Le Manuscrit du Maître d’armesLe Premier PatriarcheLe Rivage des KaramsLa Lice des Hauts Seigneurs) qui formeront la tétralogie des Spadassins. Ces volumes seront très prochainement publiés sous mon pseudonyme NagaSama.